| | | Auteur | Message |
|---|
Zaariel Pontifex Maximus


Nombre de messages: 1714 Age: 19 Date d'inscription: 01/05/2005
 | Sujet: Cirta Delenda Est Mar 20 Oct - 23:01 | |
| DEBARQUEMENT L'eau tiède arrivait maintenant aux chevilles des hommes, plus que quelques pas et les sandales quittaient enfin la mer pour le sable d'Afrique. Parménion le jeune leva son regard vers la baie inondée de soleil. Les birèmes s'échouaient lentement sur la plage, déversant leur lot de fournitures et de matériels nécessaires à l'armée qu'il commandait. Le soutien de la flotte était la clé du succès de l'expédition. Derrière lui, les lourds hoplites, les fiers mercenaires et les peltastes véloces sortaient des navires pour rallier la terre ferme. Toute son armée était composée ainsi de soldats disciplinés et courageux venus de toute la Grèce. Il avait avec lui suffisamment d'hommes, de citoyens, pour tenir en respect les féroces guerriers numides et établir une tête de pont dans le royaume des sables.
La situation globale n'était pas reluisante mais pas catastrophique... Les grecs comptaient de nombreux alliés qui luttaient tous, tant bien que mal contre l'oppresseur. Les Carthaginois subissaient revers sur revers, les Celtes étaient ralentis par les fourbes romains, les Égyptiens reculaient. Nul doute que les berbères tenteraient de jeter les fils de Zeus à la mer dès leur arrivée sur leurs côtes. Mais la tâche que Zaarielecos avait confié à Parménion consistait précisément à empêcher l'ennemi de parvenir à ses fins.
La Grèce avait promis des renforts, et elle tiendrait parole... _________________ Zaarielecos, Stratège de la ligue grecque
Dernière édition par Zaariel le Ven 30 Oct - 11:38, édité 2 fois |
|  | | Zaariel Pontifex Maximus


Nombre de messages: 1714 Age: 19 Date d'inscription: 01/05/2005
 | Sujet: Re: Cirta Delenda Est Jeu 22 Oct - 15:35 | |
| ESCARMOUCHES Le jeune général veillait tard ce soir, profitant de la fraicheur de l'obscurité après une journée dans la fournaise des sables d'Afrique. Il avait fini de régler les détails de l'organisation du camp depuis une bonne heure et maintenant qu'il n'avait plus qu'à attendre les rapports des espions, il tuait le temps en sirotant du vin...
Le calme envahissait le camps, les soldats étaient pour la plupart couchés et les sentinelles auraient leur relève dans deux heures. Le général vida son gobelet avant de faire un tour en dehors de sa tente. Sitôt sorti, deux vétérans l'encadrèrent. Parménion ne se faisait toujours pas à leur présence, mais il fallait bien les accepter. Un commandant reste un homme, et nul n'est jamais à l'abri d'une lame sortie de l'ombre. A présent plus une silhouette ne se devinait entre les rangées noires des tentes. Plus un bruit ne s'entendait à part le tintement des lourdes cuirasses des deux soldats juste derrière lui. Le vent aussi s'était endormi. Il ne ramenait plus les embruns salés de la mer pourtant proche. Il ne restait plus que la poussière et le sable...
Le général avait pratiquement fini sa promenade nocturne lorsque le galop d'un cheval se fît entendre. Les bruits de sabots frappant le sol sec amenaient avec eux le rapport que Parménion attendait. Dès que le cavalier fût à proximité, il éclaira son visage. Reconnaissant l'homme de main de son espion à Cyréna, le général fît un signe aux gardes qui laissèrent l'homme approcher. Le rapport de l'informateur phénicien était bref mais clair. La ville avait bien prit les armes contre l'envahisseur numide mais les troupes du roi des sables avaient prit de vitesse les grecs en massacrant toute résistance. Maintenant que l'ordre était rétabli, les troupes ennemies s'apprêtaient à faire mouvement sur les positions hellènes. La bataille serait sûrement pour les jours à venir...
Trois jours plus tard, Parménion passait ses troupes en revue dans la plaine avant la bataille. L'armée du général était fidèle aux formations grecques, composée quasiment que d'infanterie. Sa puissance résidait dans sa cohésion.
Au centre, le général avait placé la phalange. Formation type de l'armée grecque composée de soldats lourds, c'était le cœur de sa ligne de bataille. Lente mais extrêmement résistante, tant qu'elle gardait sa cohésion la phalange était un bloc invincible. Sur ses flancs, le général avait disposé les mercenaires illyriens. Soldats lourds portant des javelots à lancer sur l'ennemi, ces hommes devraient repousser l'assaut des cavaleries légères ennemies. Devant le bloc d'infanterie, les peltastes, les pirates ciliciens et les frondeurs s'étaient déployé pour harceler l'ennemi. Vulnérables, ces hommes devraient vite se protéger derrière les hoplites si la cavalerie ennemie les chargeait. Le général se plaça finalement en réserve avec les archers. Sa garde formait l'unique cavalerie de son armée, et sa mobilité la rendait indispensable en réserve.
Après de longues minutes d'attentes, les numides arrivèrent sur la plaine. L'armée ennemie était à l'opposé des habitudes grecques. Tous les berbères étaient montés sur des chevaux ou des éléphants... Tous les ennemis portaient des armes de traits. Sitôt arrivés à portée, ils harcelèrent le corps expéditionnaire grec.
Malheureusement pour eux, leurs flèches ne faisaient que peu de dégâts dans les rangs resserrés des hoplites, tandis que tous les peltastes, frondeurs et archers répondaient coup pour coup aux projectiles ennemis. Le combat se déroula ainsi, à distance. Les numides bombardaient les grecs, et les grecques répondaient. Clairement en sous nombre, les rangs des cavaliers ennemis s'éclaircirent et la fuite ne tarda pas à être leur seule chance de survie. Ne restait plus alors que les éléphants. Alors comme un accord, la phalange avança tandis que les mastodontes chargèrent. Lorsque les monstres d'Afrique furent qu'à quelques dizaines de pas des courageux hoplites, ils stoppèrent leur marche et campèrent sur leur position. Nul doute que même Achille aurait hésité face à de tels montres. Alors plutôt que d'employer la force d'Hercule, les hellènes empruntèrent la ruse de Ulysse. Les rangs compacts de citoyens s'ouvrirent devant les éléphants pour les laisser passer à travers l'infanterie lourde. Alors les cornacs furent pris pour cible par les peltastes, les archers et les frondeurs restés en retrait. Encerclés de toute part, les monstres rapidement privés de leur maitres paniquèrent et s'enfuirent.
Les grecs avaient remporté une première victoire. Cyréna serait bientôt libérée. _________________ Zaarielecos, Stratège de la ligue grecque
|
|  | | Zaariel Pontifex Maximus


Nombre de messages: 1714 Age: 19 Date d'inscription: 01/05/2005
 | Sujet: Re: Cirta Delenda Est Jeu 29 Oct - 14:22 | |
| CYRENA "Sire, sire, réveillez-vous" Parménion poussa un grognement avant d'ouvrir les yeux, il n'avait eu le droit qu'à quelques heures de sommeil et sa blessure à la cuisse droite l'avait réveillé à chaque mouvement qu'il avait fait en dormant. Il se leva péniblement de sa couche et son aide de camp l'aida à enfiler son armure. Ça faisait maintenant deux mois que son armée était la cible de toutes les troupes numides de la région. Les murs de Cyréna étaient pratiquement à portée d'arc du camp grec depuis des semaines, mais les cavaliers numides empêchaient les grecs de couper le bois nécessaire à la fabrication des engins de sièges. Parménion détestait ces méthodes de couard. Toutes les légendes grecques parlent de batailles rangées sublimes où les phalanges hellènes peuvent montrer toute leur puissance. Mais la réalité de la guerre contre les Numides était tout le contraire. A part deux engagements majeurs où les grecs avaient taillé en pièce leurs ennemis, les numides restaient insaisissables, usant l'armée petit à petit.
Finalement la solution était arrivée avec les renforts venus de Sparte. Les rangs étaient grossis par ces nouveaux combattants, et surtout le général avait ordonné de démanteler une birème pour avoir le bois nécessaire à la construction des engins de siège. Après deux jours passés à lier les poutres pleines de sel entre elles, les ingénieurs avaient fabriqué deux béliers solides prêts à enfoncer les portes de la ville. L'assaut était pour ce matin.
L'armée se mettait en ordre de bataille dans la fraicheur relative de l'aube. Un vent venu du désert recouvrait le champ de bataille de sable et de poussière. Le général inspecta rapidement ses troupes d'un coup d'œil maintenant aguerri. Il mit son casque et ajusta la sangle de son bouclier. Il était prêt, l'armée aussi.
Un geste de la main, et l'armée se mit en marche dans une clameur guerrière. Les soldats les plus forts avaient été affectés aux béliers tandis que leurs camarades placés devant les protégeaient des traits ennemis. La garnison de la ville occupait les remparts de bois. Lorsque les grecs furent assez près quelques fléches vinrent se ficher dans les boucliers d'airain des hoplites. Aussitôt les peltastes, les frondeurs et les archers ripostèrent. Le déluge de projectiles poussa les défenseurs à se mettre à couvert, et les béliers arrivèrent sans encombre à la porte.
Le bois friable du désert céda rapidement devant les coups sourds et puissants des lourds béliers. Les hoplites envahirent alors la brèche. Une bonne partie des défenseurs prit alors la fuite à cheval ou a pied devant les libérateurs invincibles. Seuls les cornacs à dos d'éléphant tentèrent d'arrêter le flot de soldats. Heureusement, leurs lourds pachydermes ne pouvaient pas aisément se déplacer dans les rues étroites et encombrées de la ville. Leur charge, si terrible en plaine, ne pouvait pas avoir lieu dans ces étroits passages. Aussi ces puissants animaux furent facilement repoussés par les lances des hoplites qui formaient un front uni devant ces créatures qu'ils avaient appris à combattre depuis peu.
Une fois les premiers éléphants neutralisés, les derniers défenseurs rendirent leurs armes. Le général leur accorda le droit de quitter la ville, il n'avait que faire d'une poignée de prisonniers. Il inspecta le champ de bataille, il n'y avait que peu de morts à déplorer, c'était une belle victoire.
Alors le peuple, réfugié dans les maisons pendant les combats, sorti de sa cachette pour acclamer les grecs. Cyréna était libérée. _________________ Zaarielecos, Stratège de la ligue grecque
Dernière édition par Zaariel le Jeu 29 Oct - 19:20, édité 2 fois |
|  | | HEphaestion_IV Pontifex Maximus


Nombre de messages: 1689 Age: 39 Localisation: Sur le Trône Date d'inscription: 01/09/2006
 | Sujet: Re: Cirta Delenda Est Jeu 29 Oct - 16:19 | |
| HRP( que je supprimerai demain): On s'y croirait  j'aime bien les petits détails comme : Après deux jours passés à lier les poutres pleines de sel entre elles ça donne de la vie à ton récit. HRP _________________ Si nous voulons que la gloire et les succès accompagnent nos armes, nous ne devons jamais perdre de vue: la doctrine, le temps, l'espace, le commandement, la discipline. Sun Tzu. Article I. |
|  | | Zaariel Pontifex Maximus


Nombre de messages: 1714 Age: 19 Date d'inscription: 01/05/2005
 | Sujet: Re: Cirta Delenda Est Mar 3 Nov - 23:20 | |
| Seul les morts ont vu la fin de la guerre Parménion avait depuis longtemps arrêté de compter le nombre de jours depuis son arrivée sur une plage Africaine. Maintenant la durée ne se comptait plus en jours, plus en semaines, mais en mois entiers. Des mois qu'il prenait des décisions, donnait des ordres, commandait aux hommes, des mois qu'il était passé de la théorie à la pratique, des problèmes abstraits aux soucis concrets, des dalles de marbres de l'académie au sable du désert... Mais il savait qu'il lui faudrait des années pour espérer atteindre un jour le savoir, l'expérience et le talent du général dont il venait d'apprendre la mort.
Memnon de Corinthe était tombé quelques jours plutôt sur une plage poussiéreuse un peu plus au sud. Il avait atteint la plage le premier malgré ses cinquante hivers pour organiser le débarquement de la seconde armée. A peine une phalange venu d'Epire était à terre qu'un vent violent avait forcé la flotte à reprendre le large pour éviter de se fracasser sur la côte. Les numides avaient profité de cette aubaine pour attaquer le contingent isolé à la nuit tombée. Les grecs avaient lutté pour chaque pouce de terrain, chaque citoyen mort avait emmené dix ennemis aux enfers et une poignée d'entre eux put voir l'aube se lever. Mais dix-milles ennemis morts n'auraient pas compensé la perte d'un des meilleurs généraux de la Grèce. Respecté entre tous pour sa discipline et sa vaillance, il avait formé les meilleurs officiers de toute la nation.
Parménion avait été l'un de ses élèves. Il se souvenait encore de son premier jour à l'académie. Lorsqu'il lui avait donné son nom, le général avait cru qu'il se moquait de lui. Mais l'étudiant d'alors n'y pouvait rien. Son ancêtre avait combattu sur le flanc gauche macédonien à Gaugamèles, et depuis chaque fils de la famille portait le nom d'un des généraux d'Alexandre le grand. Au contraire, le père du général était un démocrate convaincu qui détestait le macédonien et qui avait appelé son fils en l'honneur de Memnon de Rhode, général brillant qui s'était opposé au jeune roi de macédoine.
L'étudiant c'était révélé un officier prometteur. Après des années à combattre au service de la ligue d'Athènes à travers tout le Péloponnèse, et au-delà, il monta progressivement en grade jusqu'au titre de général. Il avait ensuite rejoint naturellement la confédération grecque lorsqu'elle se forma. Ses ennemis d'avant devinrent ses alliés. Mais la paix se fit aussi rapide qu'une fille de joie, tandis que la guerre revint s'installer durablement comme une épouse fidèle.
Memnon avait suivit la carrière de son élève avec attention, et c'est lui qui conseilla discrètement à Zaarielecos de l'envoyer mener la première armée entouré d'officiers vétérans pour qu'il se forme à l'art de commander. Le jeune homme ne l'avait appris que plus tard, quand le vieux général avait officiellement quitté son académie pour prendre le contrôle global des opérations en Afrique.
Mais maintenant il était mort...
Les armées numides reculaient, les deux armées s'apprêtaient à faire tomber rapidement les dernières poches de résistance de la région. Les Égyptiens feraient bientôt jonction, les alliés du Pont débarqueraient peut-être, d'autres se joindraient encore au combat. Mais rien, ce soir, ne pouvait arracher le jeune homme de sa mélancolie. Plus qu'un professeur, il avait perdu ce soir son mentor qui l'avait formé à l'art de la guerre... _________________ Zaarielecos, Stratège de la ligue grecque
|
|  | | |
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |